Brumes

Vers le soir je suis monté dans l’orage

Des arbres comme des sanglots

Pointes de langues taille des mousses

 

Pluie quand s’enivre la brume

 

Longues traines dissipent la douleur

Plantent le silence dans les mots

Rêvant ensemble la mobilité des lunes.

 

Shi Tao
Shi Tao

ce n’est pas d’épouvante mais d’ennui

je baise les traces de tes ailes

arracher les instants dans le four de l’Amour la beauté l’intranquille

se brûler les mains pour un instant court voir l’étincelle s’éteindre

mais l’avoir pris dans ses mains souffler et mourir à la vie

de colère se retourner dans le lit

rivière à sec ce n’est pas d’épouvante mais d’ennui

le chapeau arraché par le vent déchiré par le taureau fou

la poésie brule ou est vague de terre retournée

 

 

 

 

 

jute cloche

à l’extrême le jute éloigné à la nuit

s’étoile ce jus cloche dans ta bouche

tâche quand salive la mer à l’Orient

 

Orience dans nos marche le parfum s’ouvre la bouche collée aux étoiles

 

la buée en comète tombe

 

Bombance ce

Byzance Nous

 

souffle à nos coudes

 

soudés

la sculpture

s’érode

 

ce mince fil de la chair tendue sépare et l’Un  recoud les doléances

 

cette intime lueur dont tu me parle

 

le scintillement des ailes

 

nu dans le monde

tu

nous dans le monde

 

 

l’ouvre nous éclaire

 

 

le mont chauve vers l’Ourance ce ciel notre seule étoffe nous essuie nous protège

 

la laine

 

le jute

 

rugueuse la frontière dépossède de l’indécente irritante position

 

 

nous perce le fil des fils des socles réchappés de la radiance

 

aboiement des toiles

 

déjections lapidaires

des pierres s’effritent

et nous sombrons

 

 

est-ce possible de tonner la poussière en l’intact en toi frémissement

et

 

méandres ceux qui se croisent

des fils la trame du fond

vers les dehors

débordant des traces

la tresse s’entrelace

fine entre les plis de traine

 

 

reliure

la sueur

la perle

 

dans les nœuds cet impossible à défaire

cette gravité de longe

c’est intimement que l’engagement s’affirme

d’une faim inquiète

 

l’un et l’autre

pénétrée l’un de l’autre ou l’autre se perd

égare son sens

Béance la nuit 2

le matin apporte les nouvelles à la tamise de la nuit

les mots de l’aube se sont mis à pleuvoir au plus fort du rêve

à ce moment précis où tu as placé ton visage contre moi

où tu as inscrit ta rosée tes sourcils dans ma respiration

Brigitte Komorn , carrés

ton souffle dans mon souffle

le coffret du sommeil se soulève tes rêves me sautent au cou

ton désir a inscrit les miens

 

délicatement tu as peins la couleur avec tes lèvres

un semis sur les fils

le monde s’est envolé un grand cri dans mes lèvres

s’élève ma maitresse à genoux je te prie

 

la bougie soufflée dans la pénombre

mon sourire accolé au tiens nous nous sourions

nos bras des colliers de fleurs que nous ne cessons de nous offrir

nous égrenons les silences

les parons chacun à son tour de l’émerveillement

 

quelques herbes séchées trouvées sur ta langues

des bribes de je t’aime dans le rouge de tes lèvres

et follet le feu joue sous tes paupières

je me fonds en toi comme dans une eau, une seconde peau

 

 

nos mains dans l’onde l’offrande aux dieux remonte le courant

 

herbes des tresses

un tissage

et tu murmures

ta voix m’envoute

 

ma douceur à ta caresse ma tendresse la douceur de ton nez

le pétale qui recouvre tes yeux m’intime le calme

 

les olives noircies de soleil la fournaise des feuilles argente

 

je pagaye à la nuit noire

à la nuit dans mes veines

la pleine lune est un halo

coupe en deux l’océan

la lumière est un sentier

mes veines

un fil

recoud les blessures

 

les herbes simples

que je ramasse et serre pour te les offrir

 

ma vie n’est plus un fagot que je brule mais précieux un bouquet que j’ai peur de perdre

une à une les tiges les fleurs les feuilles comme une danseuse le bras dans la lumière

 

mon cœur s’est ouvert et nous sommes restés comme un

nous confondant

l’amour rythmant

 

la voile blanche tes seins un papillon  rouge s’y est posé

 

une nuée des feuilles a recouvert le lait sur la rivière

 

l’horizon secret s’est rapproché dans sa migration

 

les oiseaux nous ont emmenés

le cygne s’est mis à pleurer

le naufrage s’est couvert de palmier

 

Juillette-Zo__ 2OO5- Brigitte kOMORN

 

Le tourbillon s’est apaisé nous sommes restés biface liés d’un même lien médian; dans nos doigts les nervures et l’abondance d’un fil, nous a enroulé comme nous dévalions la colline ; d’une même pente nous serrant l’un contre l’autre et riant aux éclats s’en est un tournis ; au hasard vent tes couleurs ce n’est que légèreté l’air est retombé traversées des déplorations de la musique se déposent béance sur nos peaux ; de Bohème la gaité  doucement comme un chat s’étire

j’ai hurlé dans la nuit

 

perlée

j’écrase mes pieds sur le sable
les tiges hors du sol
est ce anarchique ?

abondent

le végétal recouvre l’ensemble

le mouvement la pointe d’une oraison

chant d’ascension

Ô sa

la terre recouvre

je recueille la fleur dans mes mains et étire les senteurs
la couleur nourrie de la senteur

ainsi couleur et senteur semblent embraser l’étendue qui chante dans le corps
lui donne le frémissement que les lèvres perlent

  • et tendre la main

    soudain

    ramasser fort le futur à terre

 

azuréenne

 

doigts de pieds qui remuent sous le cuir

 

sur le ventre une mouche marche à quatre pattes

sont-ce les pensées qui agitent les arbres

 

la fièvre rend fébrile le saule

les branchages se prennent pour le tronc

 

la rivière à ses pieds passe

 

 

dans le jardin pousse une espèce inconnue

je me penche sur le râteau abstinent

 

 

inquiet je regarde le ciel et y cherche l’étoile

le ciel joue à cache cache et me laisse rêveur

 

 

je promène mes pensées comme un pont sur la rivière

ta voix me vient de loin elle est le vent auquel je me fie

 

 

riant de moi je me mêle au vent et gronde comme une oie