l’assoiffé nocturne


fixité malgré ces vents tourbillonnants, ces feuilles farandoles tombent mortes à nos pieds, elles étaient si vibrantes aux rainures, si verte de vitalité qu’elles faisaient briller l’arbre de splendeur, elles  n’accrochent plus la sève aux branches, n’enflamment  plus l’azur dard de l’été  elles s’entassent dans un tapis jaune , elles couvrent d’or les forêts avant humus de révéler les corps nus os des arbres , elles sont l’apparat du temps qui pare et dépare, ne vaut que dans le mouvement des états de l’existence,  joint et disjoint et se retire, coït quotidien entre les choses et le monde réaffirmant toujours la prépondérance, terre meuble ou rocailleuse chagrines ou rieuses les vies cabots se meuvent dans le destin fatalité et mélancolie  barrière obstinée de l’irréel l’illusoire de ce qui aurait pu mais ne se fige pas et ne se figeant pas trouve son enracinement-embranchement au gré des vents à la plongée des racines cailloux à la jointure des sources des effondrements des vents qui tordent des herbes qui étouffent des hommes qui arrachent des aliments qui tuent des jardinier qui transplantent des guerres qui rasent des femmes qui  font cuire au bouillon des bouches qui crient boucles des oiseaux qui happent les graines de la charrue qui laboure et retourne en mottes déchirées le sol paisible assoiffé d’un destin incongru chaotique balbutiement d’un  temps
enragé des mots qui s’imposent dans la versatilité cohérence dont le trajet dispose en logique nébuleuse l’originalité d’un trait  unique entrecoupé des mille cassures de millions de rejets de pousses en feuilles en fruits qui jutent en graines qui volent portées vers un vent qui les happe en destin qui ouvre l’inconnu aux pattes de l’insecte qui la pousse à sa fécondation ultime  vie de graine, haillon d’écorce  libérée la vive genèse de éclate à l’invisible nos yeux captateurs

C’est ce devait être et en effet c’est , l’élancé végétal le têtard l’embryon le sourire allumé au sexe des yeux est là pour en témoigner , la vie fébrile se cache ici matin corolle étincelance d’un espace fabuleux éclipsant toutes les spirales nécessairement rivales du soleil, éblouissements enclins œil aux étoiles qui brillent même à pleurer de la nuit

2006

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